Audio tour Des chantiers d'exception
- Download the app
- iOS
- Android
- Windows Phone
Lorsque les premiers prémontrés arrivèrent sur le site actuel, tout était bien sûr à construire, des lieux de vie commune jusqu’à l’église. On devine les premières et précaires constructions de fortune, toutes provisoires. Mais deux ans après leur arrivée commença l’édification de la première église romane dont on sait qu’elle fut bâtie entre 1132 et 1212. On ne conserve aucun vestige de ce monument sans doute aux proportions modestes. On pense qu’elle fut probablement établie sur le site de l’actuelle abbatiale.
Mais très vite ce premier édifice allait être remplacé par une deuxième église de style gothique, architecture naissante alors en vogue. Cette deuxième abbatiale fut construite entre 1253 et 1274. Ses dimensions étaient impressionnantes : 102 m de longueur, 52 m de largeur au niveau du transept, 25 m de hauteur à la clef de la nef centrale et de 15 m à la clef des nefs latérales. Pour s’en faire une idée on peut se référer aux proportions de l’actuelle collégiale Sainte-Waudru de Mons. Son plan en croix latine comprenait trois nefs à huit travées avec un transept et un chœur en deux travées entouré d’un déambulatoire aux cinq chapelles rayonnantes. Il est plus que plausible que, dans le bras du transept nord, un escalier devait permettre aux religieux de descendre du dortoir pour l’office de fin de nuit appelé matines. Dans l’actuel ambulacre qui relie l’église à la sacristie et qui correspond à l’emplacement du transept nord de l’édifice gothique disparu, l’on constate que le passage vers le dortoir se trouve décentré par rapport au double escalier. Sans doute parce qu’on avait voulu garder ce vestige de l’escalier gothique pour plus de facilité. Des fouilles effectuées derrière l’église actuelle, durant les années 1950, ont permis de mettre au jour une partie notable des fondations du chœur, du déambulatoire et de quelques-unes des chapelles rayonnantes. Il en fut de même sous la cour de récréation située en face de l’actuelle tour gothique. A noter que les bâtiments actuels conservent des éléments de la construction de la deuxième église qui, bien que cachés, donnent une indication claire quant à son style : une fenêtre, des colonnettes et chapiteaux.
En 1277, l’effondrement d’une tour romane de la première église, jusque là conservée, abima dramatiquement la nef de la nouvelle abbatiale. L’église fut non pas rebâtie, mais se vit réduite de plusieurs travées à la fin du 15e s. Une nouvelle tour gothique fut alors édifiée sur une travée du collatéral sud. On prit le parti de la garder lors de l’édification de l’abbatiale actuelle.
Mais au 16e s. le pays connut une succession de conflits entre la France et les Pays-Bas espagnols. Comme d’autres établissements, l’abbaye fit l’objet de différents saccages et eut à subir pillages et incendies qui dévastèrent les constructions dont l’église abbatiale. Elle fut à ce point touchée que la communauté dut se résoudre à célébrer momentanément les offices dans la salle capitulaire, dans l’espoir de pouvoir restaurer son église sérieusement dégradée.
Il fallut attendre le début du 17es. pour que les rénovations puissent commencer afin de rendre enfin l’édifice au culte. Le soutien des archiducs Albert et Isabelle, d’heureuse mémoire dans notre pays, aida les prémontrés d’alors à réparer les outrages des pilleurs et incendiaires. On sait que l’édifice fut alors doté d’un bel ameublement dans le nouveau style renaissance qui avait alors gagné nos régions. Dans la seconde partie du 18e siècle, ce beau mobilier disparut avant le démontage de l’église en vue de l’édification de l’abbatiale actuelle dont le nouveau mobilier devait s’harmoniser avec le tout récent style néo-classique. On conserve toutefois encore de rares témoins de ce mobilier renaissant dont, dans l’église actuelle, le retable d’autel - toutefois remanié - de la chapelle dédiée à Saint Louis de Gonzague située à la droite du chœur. Celui de Notre-Dame est visible dans l’église de Fauroeulx toute proche. Il n’est pas impossible que les deux confessionnaux de l’église de Vellereille-les-Brayeux - de trop belle facture pour une église de campagne - aient fait partie de l’ameublement de l’église du 17e s avant d’orner celle du village.
[Abbé P. Pêtre]
Tour stops
Reviews
Download the free izi.TRAVEL app
Create your own audio tours!
Use of the system and the mobile guide app is free