« La Belle Jardinière » de Raphaël
Contournons maintenant la cloison sur laquelle est accroché le tableau des Noces de Cana, puis passons la porte que nous trouvons après la cloison et tournons à droite. Nous nous trouvons dans la grande galerie du Louvre, endroit très connu du musée, particulièrement depuis qu’elle apparaît dans le best seller « da Vinci code ». Tournons-nous face au mur situé à notre droite et repérons le 3e tableau accroché après la porte par laquelle nous sommes entrés dans la galerie. Il est doté d’un cadre en bois doré, orné de colonnettes.. Il s’agit de la « Vierge à l’Enfant avec le petit St Jean Baptiste » dite la « belle jardinière » de Raphaël, peinte en 1508, à Florence et achetée par François Premier comme la Joconde. Alors, disons-le tout de suite : ce tableau est considéré comme un chef-d’œuvre exemplaire de l’art de Raphaël, artiste que d'aucuns décrivent comme le maître du classicisme en peinture. Essayons d’en savoir plus. Et tout d’abord, un mot sur l’artiste : peintre de la renaissance, contemporain de Léonard de Vinci, Raphaël est un peintre surdoué, et, à dix-sept ans, il est déjà ""magister"". Et ce titre de « maître » lui confère le droit d'avoir un atelier, des aides et des élèves. Il s'installe à Florence où il réalise une série de Vierges et de Madones dont la Belle Jardinière. Ensuite, le Pape Jules II le fait appeler à Rome et lui confie la décoration des appartements du Vatican. Mais il sera comme un météore bouleversant la scène picturale et mourra en 1520 à 37 ans. Et maintenant, revenons à l’œuvre et regardons les 3 personnages. Il s’agit de la Vierge Marie, avec, à notre gauche, l’Enfant Jésus. L’enfant accroupi à droite est saint Jean Baptiste, le cousin de Jésus, fils d’Elisabeth, cousine de la Vierge. Il est vêtu d’une peau de bête. C’est avec cette peau de bête qu’il est très souvent représenté, parce que plus tard, il ira prêcher la foi du Christ dans le désert, vêtu d’une peau de bête. Il s’agit donc d’un portrait de famille. Alors pourquoi ce surnom de « belle jardinière » ? Regardez le paysage : nous sommes à la campagne : des arbres à gauche, des montagnes au loin, un village à droite, des herbes et fleurs sur le devant. C’est ce paysage de campagne qui a valu à la vierge son surnom de belle jardinière. Il s’agit donc d’un portrait de famille emprunt de sérénité dans un paysage aux lignes calmes. Voyons maintenant les caractéristiques qui font dire que cette œuvre est classique. Et déjà, qu’est-ce que le classicisme. ? Et bien on pourrait dire qu’est classique une œuvre qui traduit un moment d’équilibre dans une civilisation. L’art classique est la victoire de la mesure sur l’excès, de la raison sur la sensibilité et, en matière d’art, du calme et de la sérénité sur le mouvement Le 1er caractère est la sûreté et la rigueur du dessin qui aboutit à une idéalisation des personnages : Regardons le visage de la Vierge : des cheveux blonds souplement ondulés, noués dans un léger fichu, un front large, des yeux en amande, un nez fin, des joues lisses et une petite bouche. Un visage gracieux, jeune, une peau blanche et immaculée. Il n’y a aucun défaut. Aucune ride, ou marque, aucun accident…Ce visage reflète l’idéal de beauté du 16e siècle. Regardez son corps : là encore, ce que l’on en distingue n’est que perfection et reflète encore cet idéal de beauté: des épaules rondes, une peau du buste parfaitement blanche. et les enfants maintenant: eux aussi sont conformes aux canons de beauté parfaite : des corps bien potelés, des peaux lisses et blanches ; de jolies boucles blondes : n’est-ce pas ainsi qu’on imagine les anges? D’ailleurs, la peur de Jésus est la plus claire de toutes. Le 2e caractère est le calme et la sérénité : Regardons à nouveau la Vierge : que pensez-vous de son expression : est-elle gaie ou triste ? En fait, elle nous semble sereine, et en même temps un peu pensive. et la composition : quelle est l’impression qui s’en dégage selon vous ? Y a t’il des éléments violents ? A t-on une impression de mouvement ? La réponse est non, car l’impression dominante est la sérénité. Et pourtant, cette sérénité masque un drame. Tous les éléments de la composition ont une valeur symbolique et annoncent la crucifixion du Christ : Voyons le petit saint Jean baptiste : il tient un bâton dans la main droite, et si nous regardons le sommet du bâton, nous constatons qu’il se termine en croix. Cette croix annonce la crucifixion du Christ. Et pour mieux accentuer cette annonce, le petit saint jean ba
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